Des nuages noctiluques dans le sillage de la navette

Un nuage noctiluque vu au-dessus du centre spatial Kennedy, peu après le lancement d'une navette. Crédit : NASA/Ciel et Espace Photos

La vapeur d’eau dégagée par la navette spatiale au décollage, permet à une équipe de chercheurs américains de mieux comprendre la formation des nuages noctiluques (visibles la nuit). Le mécanisme à l’origine de ces nuages situés aux frontières de l’espace, dans des zones 100000 à 1 million de fois plus sèches que le Sahara, est encore mal compris.

Pour en savoir plus, les scientifiques ont profité du décollage du vaisseau réutilisable de la Nasa. Lorsqu’elle s’arrache de la Terre, la navette dégage près de 300 tonnes d’eau dans l’atmosphère, sur une traînée longue de 1000km! En examinant l’évolution de ce panache sur une série d’une vingtaine d'images du satellite Global Ultraviolet Imager, les chercheurs ont découvert qu’il s’étendait, et se diffusait plus vite que prévu vers les pôles.

Ils en déduisent que des mouvements de convection verticaux conduisent vite les particules à de hautes altitudes. Dans ces zones où l’air est raréfié, la diffusion se fait plus rapidement qu’à basse altitude.

Cette observation clé permet de mieux comprendre comment des particules d’eau accèdent naturellement à des altitudes de 78 à 90km pour former ces fins nuages visibles dans les régions polaires (et parfois même à des latitudes tempérées comme celles de la France). Ils apparaissent au crépuscule lorsque le Soleil est couché depuis peu.

Dans cette configuration en effet, notre étoile éclaire ces nuages d’altitude par le dessous, ce qui les rend particulièrement visibles sur un fond de ciel assez sombre. Le phénomène s’est amplifié ces 50 dernières années à cause de la vapeur d’eau dégagée par les lancements de fusées. Il semblerait par ailleurs que la recrudescence observée ces dernières années soit liée au réchauffement climatique.

Pour avoir une chance d’observer des nuages noctiluques, vous devrez attendre la prochaine période favorable du 1er juin au 15 août dans l’hémisphère Nord. Pour en savoir plus, consultez le numéro de “Ciel & Espace” de novembre 2009.

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